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jeudi 14 janvier 2021

Nouveaux livres d'artiste

Le site vient d’être mis à jour avec de nouveaux livres d’artiste :

 

e-meute

( livre unique, 21 pages, 55 x 40 cm, t.m. sur carton, 2020 )


いくつかの日本の詳細   Quelques petites choses du Japon
( livre unique, 22 pages, 21 x 29,7 cm, t.m. sur papier SHIRAKABA 100 g/m2, 2020 )

Ce livre a été réalisé en partie en Japon. Il est constitué de feuilles non reliées, reflétant la tradition sociale des choses petites, découpées, et leur écho dans la nature.

 

ANI MAL
( livre unique, 20 pages, 67 x 55 cm, t.m. sur carton, 2020 )

Ce livre m’a été inspiré par la lecture du récit de l’anthropologue Nastassja Martin Croire aux fauves.


日本人

( livre unique, 22 pages, 36,5 x 26,5 cm, t.m. sur carton, 2021 )

Au retour du Japon, ce livre m’a été inspiré par celui d’Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance où il raconte la conscience japonaise à partir de la langue française qu’il a faite sienne. J’ai trouvé là de nombreuses pistes pour réfléchir aux sentiments qui m’ont habités dans l’archipel au contact des Japonais.

 

Avec Patricia, nous avons achevé le

Carnet no 5 日本 Japon

13 x 9 cm, 25 exemplaires + 5 HC

Ce carnet est particulier. Il ne s’agit pas d’un tirage, car chaque page est unique. On y trouve des dessins et des aquarelles, ainsi que des collages réalisés à partir de prospectus, revues, journaux et publicités d’exposition moissonnés au Japon. La couverture est un monotype. Ce carnet offre des instantanés de la culture et de la société japonaises qui ont marqués Patricia et Laurent lors de leur récent voyage dans l’archipel.

Une courte vidéo de présentation est visible sur le site de Patricia.


vendredi 31 juillet 2020

Portrait


Est-ce toujours, d’ailleurs, tellement avec les yeux qu’on contemple la lune et les fleurs? La simple pensée du printemps, sans même qu’on sorte de chez soi, la pensée d’une nuit de lune, fût-on étendu sur sa couche, sont sources de calme et de charme.
Urabe Kenkô, Les heures oisives, Gallimard-Unesco, 1968, p. 117


Aujourd’hui, ce n’est pas l’environnement qu’il faut défendre, au risque d’en faire un musée immobile. C’est l’homme qu’il faut explorer en tant que vivant parmi d’autres vivants comme l’arbre, le moustique, le lion, la tique, le pissenlit et l’ortie. Lévi-Strauss préconisait de renoncer à dresser une barrière entre l’homme et l’animal. Cette délimitation risque en effet de hiérarchiser les rapports d'être à être. On sait comme cette hiérarchisation a mené à la barbarie de la shoah où des humains ont été dégradés au rang d’animaux. On constate aussi, aujourd’hui, les limites de la pensée anthropocentrée face à la complexité des questions environnementales par exemple. Et pour comprendre la relation de vivant à vivant, j’explore par la peinture le lien qui relie l’humain à l’humain, et tout d’abord à l’autre et aux autres que je suis, par la figure du portrait. C’est la condition pour ne pas se payer de mots, mais pour passer à l’action. J’ai très vite observé en effet que les liens qui existent entre soi et soi ne peuvent être réglés d’un revers de manche. Pas plus qu’en allumant la télévision ou en consommant. Préciser ces interactions requiert un minutieux et patient travail. Ne serait-ce déjà en abordant la question que j’emprunte au philosophe japonais Washida Kiyokazu : Ce corps est-il moi ou est-il à moi ? 

Un premier constat s’impose : ce travail n’est jamais achevé, il faut le remettre en chantier chaque jour, le tenir en activité comme des braises précieuses. Il s’adresse d’abord et impérativement à soi. Au-delà, toute interaction avec un « autre vivant » requiert la reprise de ce travail de questionnement. Rien ne laisse supposer que les interactions avec d’autres entités vivantes seraient moins complexes.
Cette approche, telle que je la pratique en peinture, révèle la complexité des rapports qui régissent les interactions entre soi et soi. Le visage comme entité peut exprimer la présence au monde autant que l’interaction avec autrui qui commence elle aussi toujours d’abord par soi, puisque toute perception est renvoyée aux expériences passées du sujet, pour y trouver du sens. Les expériences sédimentées au fil du temps lui servent de référence pour mesurer ce qui est perçu, entendu, senti, touché. Ainsi, le portrait pris dans son sens le plus large est l’expression du contact établi avec le monde vivant et non vivant.
Figurer le visage, et à travers lui et face à lui, l’être à soi, et l’être au monde. Le regard lui-même, n’en n’est qu’une partie, et il n’est pas plus essentiel que la voix, l’ouïe, l’odorat ou le mouvement. La direction du regard, le port de la tête, l’arrière-fond de la peinture participent du sentiment général dégagé par l’image peinte. La peinture ou le dessin d’une plante, d’un champignon, d’un arbre peuvent donc également être considérés comme des portraits, voire comme des autoportraits. En effet, s’il est portrait de lui-même, il est aussi autoportrait, c’est-à-dire miroir de moi-même, qui me renvoie à mon enracinement, à questionner mes branches, mon volume, mes sédiments, mes images.

Ce que je cherche à faire à travers le portrait - l’intuition m’en est venue à la lecture de Derrida -, c’est de rassembler les éléments singuliers mis à jour après les avoir fait apparaître. Le lieu de ce rassemblement est la toile peinte. Ce sont les peintures résultant de cette démarche qui feront l'objet de la prochaine exposition à la galerieArtémis à Corcelles au mois d'octobre.

samedi 14 mars 2020

LIVRES D'ARTISTE

Le récent voyage au Japon fut l'occasion de questionner mon travail artistique. Se confronter à une autre culture fait émerger des questions innombrables qui renvoient souvent à nos propres paradoxes. J'ai exploité cette situation du regard du dehors qui, grâce à ce qu'il voit, regarde et questionne d'où il regarde. Les deux premiers livres d'artiste sont présentés ci-dessous. Un troisième est en préparation.

Pas de porte
J'ai voulu faire le tour des possibilités qui se présentent au voyageur qui aborde une autre culture. La langue bien sûr, les mots dits et écrits, les pictogrammes, les sites historiques et les aspects traditionnels comme la nourriture, les habitudes, les croyances. Par métaphore, l'entrée est aussi celle des bâtiments, des véhicules, de la forêt (lisière), des portes, fenêtres, mais aussi tout ce qui ferme, occulte, volets, grilles, rideaux, persiennes, incompréhension de la langue. Ce travail n’est pas exhaustif. Il est plutôt le résultat d’une démarche urgente visant à collecter rapidement le matériel publicitaire et les premiers journaux qui nous tombent sous la main en arrivant ailleurs. Le matériaux collecté est celui d’un touriste allant se pourvoir à l’information touristique en conseils, en possibilités de visites, d’expositions, etc., comme je l’ai fait moi-même. Ce petit livre a été réalisé en deux jours dans un hôtel capsule à Kyôtô.




Pas de Porte – Livre d’artiste – Kyôtô, 18 & 19 novembre 2019 – Laurent Guenat
3.5 x 9 cm, 44 cartes, prospectus publicitaires, journaux, collés sur carton, anneau métallique, étui synthétique

 
Manga
En parcourant des mangas, j'ai été étonné de l'abondance de détails qui guident le lecteur, lui retirant, du point de vue de mon regard d'Occidental, toute nécessité imaginative. J'ai aussitôt acheté un manga, et transformé la narration par caviardage, pour l'ouvrir à des lectures multiples, en mettant au défi l'imagination du lecteur.











 
Format 17 x 11 cm, 2020, feutre, acrylique
(BEASTARS 2, Shônen Champion Comics, 2017, ©P. ITAGAKI, ISBN 978-4-253-22755-1)