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dimanche 27 septembre 2020

Exposition | Galerie Artemis

portraits 

du 3 au 24 octobre 2020 | galerie Artemis à Corcelles (NE).

A l'occasion de cette exposition, Marcel Cottier publie le texte Laurent Guenat. Dans l'épaisseur du portrait. Il est édité par -36° édition dans la collection 8pA6 dont c'est le numéro 98. Le texte pourra être acheté sur place pendant la durée de l'exposition ou commandé à -36° édition.

Marcel Cottier introduira aussi l'exposition lors du vernissage le samedi 3 octobre. 





vendredi 11 septembre 2020

 
Peinture sur papier 63 x 51 cmFusain et mine de plomb sur papier 50 x 40 cm 
 
Exposition | Ausstellung

Dès le 3 octobre, j'exposerai une série de travaux issus de mon projet portrait. Débuté en 2016, en parallèle au projet Bourbaki, le projet portrait comprend des travaux sur toile et sur papier. C'est la première fois que je montre ces travaux. Je me réjouis de vous y accueillir.

3 octobre au 24 octobre 2020
galerie Artémis | Corcelles (NE)
Vernissage Samedi 3 octobre 16 h - 18 h

Ab dem 3. Oktober werde ich Arbeiten des Projektes portrait zeigen. Ausgestellt werden Arbeiten auf Leinwand und auf Papier. Dies ist das erste Mal, dass ich diese Werke zeige. Ich freue mich Sie bei dieser Gelegenheit zu begrüssen.


vendredi 31 juillet 2020

Portrait


Est-ce toujours, d’ailleurs, tellement avec les yeux qu’on contemple la lune et les fleurs? La simple pensée du printemps, sans même qu’on sorte de chez soi, la pensée d’une nuit de lune, fût-on étendu sur sa couche, sont sources de calme et de charme.
Urabe Kenkô, Les heures oisives, Gallimard-Unesco, 1968, p. 117


Aujourd’hui, ce n’est pas l’environnement qu’il faut défendre, au risque d’en faire un musée immobile. C’est l’homme qu’il faut explorer en tant que vivant parmi d’autres vivants comme l’arbre, le moustique, le lion, la tique, le pissenlit et l’ortie. Lévi-Strauss préconisait de renoncer à dresser une barrière entre l’homme et l’animal. Cette délimitation risque en effet de hiérarchiser les rapports d'être à être. On sait comme cette hiérarchisation a mené à la barbarie de la shoah où des humains ont été dégradés au rang d’animaux. On constate aussi, aujourd’hui, les limites de la pensée anthropocentrée face à la complexité des questions environnementales par exemple. Et pour comprendre la relation de vivant à vivant, j’explore par la peinture le lien qui relie l’humain à l’humain, et tout d’abord à l’autre et aux autres que je suis, par la figure du portrait. C’est la condition pour ne pas se payer de mots, mais pour passer à l’action. J’ai très vite observé en effet que les liens qui existent entre soi et soi ne peuvent être réglés d’un revers de manche. Pas plus qu’en allumant la télévision ou en consommant. Préciser ces interactions requiert un minutieux et patient travail. Ne serait-ce déjà en abordant la question que j’emprunte au philosophe japonais Washida Kiyokazu : Ce corps est-il moi ou est-il à moi ? 

Un premier constat s’impose : ce travail n’est jamais achevé, il faut le remettre en chantier chaque jour, le tenir en activité comme des braises précieuses. Il s’adresse d’abord et impérativement à soi. Au-delà, toute interaction avec un « autre vivant » requiert la reprise de ce travail de questionnement. Rien ne laisse supposer que les interactions avec d’autres entités vivantes seraient moins complexes.
Cette approche, telle que je la pratique en peinture, révèle la complexité des rapports qui régissent les interactions entre soi et soi. Le visage comme entité peut exprimer la présence au monde autant que l’interaction avec autrui qui commence elle aussi toujours d’abord par soi, puisque toute perception est renvoyée aux expériences passées du sujet, pour y trouver du sens. Les expériences sédimentées au fil du temps lui servent de référence pour mesurer ce qui est perçu, entendu, senti, touché. Ainsi, le portrait pris dans son sens le plus large est l’expression du contact établi avec le monde vivant et non vivant.
Figurer le visage, et à travers lui et face à lui, l’être à soi, et l’être au monde. Le regard lui-même, n’en n’est qu’une partie, et il n’est pas plus essentiel que la voix, l’ouïe, l’odorat ou le mouvement. La direction du regard, le port de la tête, l’arrière-fond de la peinture participent du sentiment général dégagé par l’image peinte. La peinture ou le dessin d’une plante, d’un champignon, d’un arbre peuvent donc également être considérés comme des portraits, voire comme des autoportraits. En effet, s’il est portrait de lui-même, il est aussi autoportrait, c’est-à-dire miroir de moi-même, qui me renvoie à mon enracinement, à questionner mes branches, mon volume, mes sédiments, mes images.

Ce que je cherche à faire à travers le portrait - l’intuition m’en est venue à la lecture de Derrida -, c’est de rassembler les éléments singuliers mis à jour après les avoir fait apparaître. Le lieu de ce rassemblement est la toile peinte. Ce sont les peintures résultant de cette démarche qui feront l'objet de la prochaine exposition à la galerieArtémis à Corcelles au mois d'octobre.

mercredi 3 juin 2020

Report de l'exposition Bourbaki | Prochaine exposition

L'exposition Bourbaki prévue cet été au Château de Joux est reportée à l'été 2021.
L'exposition prévue à L'Esperluette (Pontarlier, F) est aussi reportée en septembre 2021.

Quelques peintures de mon projet Bourbaki seront néanmoins visibles au Musée de Pontarlier dès le 1er février 2021 dans le cadre de l'exposition historique de la commémoration des 150 ans de la retraite de l'armée Bourbaki. Cette exposition inclura notamment les deux lithographies imprimées récemment chez Raynald Métraux à Lausanne.


Papier: Rives BFK pur chiffon 250 gm2
Format: 65 x 50 cm
Impression: lithographique, noir
Tirage: 25 exemplaires
Rehaut à l'encre par l'artiste





Prochaine exposition |  28.06 - 16.08 2020
100 ans d'estampes et de multiples visités par 16 artistes de Visarte Neuchâtel
Vernissage 28.06.2020 - 11 h et 14 h
J'ai travaillé sur une gravure réalisée par Christiane Dubois en 1990.

lundi 12 mars 2018

Projet Bourbaki - Les livres d'artiste

La bibliothèque de carton de Laurent Guenat


Le projet Bourbaki occupe Laurent Guenat depuis deux années bien remplies, et ce n’est pas près de s’arrêter. Tout a commencé lors de l’installation de son atelier aux Verrières (NE). Adossée à la frontière française, la petite commune compte une poignée d’habitants et une grande histoire. En 1871 et après la signature de la Convention des Verrières, le village voit défiler ce qui reste de l’Armée de l’Est du Général Bourbaki venant chercher refuge auprès de la population suisse.
Près de cent-cinquante ans plus tard, Laurent Guenat revisite l’histoire franco-suisse de cette région. Les lectures aident, le paysage est clé. Pour s’imprégner du sujet, quoi de mieux que de marcher dans les pas de ces soldats, sous-équipés, sous-ravitaillés, obligés de passer l’hiver dans des conditions précaires et de ne dépendre que de la bonté des autres ? Pour Anselm Kiefer, l’Histoire […] est un matériau comme le paysage ou la couleur et ce n’est pas Laurent Guenat qui le contredira.
 
C’est ainsi que le projet Bourbaki prend forme.

Articulé en deux parties interdépendantes, le travail de Laurent Guenat sur l’épisode Bourbaki débute par des considérations historiques mises sur papier et continue avec une réflexion sur la situation de réfugiés d’alors et d’aujourd’hui.

Laurent Guenat peint. Il peint en relief parfois car il aime la matière (voir «Laurent Guenat au pays des Bourbakis» de Géraldine Veyrat). De son propre aveu, il respecte trop la toile. Pour laisser sa main réfléchir, ou pas, il a besoin d’un autre support. Entrent alors en jeu les livres d’artistes qu’il fabrique depuis les années 90. Là, il se sent libre. Ces livres sont, pour la plupart, en carton. L’artiste découpe cette matière d’emballage qu’il a sous la main et la lie avec des chutes de toile. Tout suppose le jetable dans ces créations. Cela donne des objets épais mais légers et volumineux. Il y a quelque chose de déstabilisant dans la prise en main d’un livre pareil : nous connaissons les codes pour le manier mais la sensation est tout autre, comme manipuler un livre pour enfant XXL. Cette impression se dissipe vite alors que les pages sont tournées avec avidité et que l’on suit la pensée de l’artiste. Mais peut-être n’est ce qu’une illusion et que c’est la nôtre qui se déroule en réalité devant nous.

Chacun des livres d’artiste de Laurent Guenat, dix-neuf à ce jour pour le projet Bourbaki, est une période créatrice contenue sur du carton. Loin d’être linéaires, ils se veulent constitués d’instants. Pour les peupler, l’artiste part facilement d’une image ou d’une pensée. Et s’il affirme que ses livres sont ses laboratoires, ce sont aussi des parties intégrantes de son projet Bourbaki, interagissant constamment avec les toiles et inversement.


« Empreinte », trace naturelle laissée par un contact, par la pression d’un corps sur une surface. Elle suppose aussi le vide et le passage. On la reconnaît dans Bivouac (2016).




La neige, le froid, les vaines tentatives de se réchauffer, toutes ces sensations sont palpables dans ce livre qui voit défiler des restes de feux de camps, alors que les soldats qui les ont montés, probablement à la hâte, ont dû les abandonner de la même manière. Ce livre est la porte d’entrée idéale pour aborder la présence de la matière végétale dans le travail de Laurent Guenat. Puiser dans la nature lui permet de trouver l’expression et la fidélité à l’expérience vécue par ces hommes nécessaires à son propos. Des brindilles recueillies, du bois, des végétaux séchés, calcinés en tout genre; Bivouac est froid et chaud à la fois. Et cette phrase : un bivouac c’est deux sapins un pour dormir un pour chauffer, clôt la démonstration.

De la matérialité toujours avec Fantômes (2017) dont les visages morcelés ne sont rendus que plus expressifs par le poème qui leur est associé : « Parmi les disparus il y avait ces visages engloutis par la neige […] ». On entre dans la vraie tragédie de l’épisode Bourbaki, la mort. Pour arriver à ce résultat plastique, l’artiste utilise un mélange de plâtre et d’acrylique par la suite peint à l’huile qui, une fois sec, peut être déchiré en lambeaux, rendant ces visages partiels et lacérés. Ceux-ci sont peut-être une tentative pour Laurent Guenat de sortir du paradigme de représentation des « trois trous », à savoir deux yeux et une bouche, qui nous aide à représenter un visage. Mais c’est aussi la multitude de ces formes qui aide quiconque tournant les pages de cet opus à se figurer que la prochaine découverte sera à nouveau un visage disloqué, brisé.


La même recherche se retrouve dans 1871, 65 x 51 cm, 20 pages, techniques mixtes sur carton, 2017.


La multitude, justement.
L’un des livres les plus ambitieux de l’artiste, 87000 contient symboliquement, par une centaine de pages, chacune des têtes des soldats qui formait l’immensité de l’armée de 87000 hommes du Général Bourbaki. Comme pour rappeler que derrière les chiffres presque trop grands pour l’entendement, il y a une singularité propre à chaque être. Laurent Guenat se lance un nouveau défi au milieu de sa réalisation : dessiner de la main non-dominante, la gauche en l’occurrence. Seul moyen pour lui d’éviter un dessin trop poussif et volontaire qui ne correspondrait en rien à son sentiment. D’après les mots de l’artiste, ce fut une révélation :
« La réputée main maladroite se montra bien plus adroite que l’autre à saisir les émotions et les images psychiques que je me faisais de ces soldats. Ainsi, chaque jour, je réalisai quatre ou six têtes, selon qu’il y avait du soleil et que l’encre de Chine séchait plus vite ».

87000, 21 x 21 cm, 192 pages, encre de Chine sur papier, 2017

On l’a vu, Laurent Guenat ne rechigne pas à utiliser des chutes de tissus et d’autre éléments délaissés pour y matérialiser ses pensées. Mais pas que. L’album de famille richement paré de cuir y passe aussi et se voit recouvert d’une épaisse couche de plâtre ! Voici Scènes. À l’intérieur, on trouve des dessins inspirés de lectures et de gravures d’époque comme celles de Rodolphe Auguste Bachelin. Ces modèles sont assimilés et la fertile imagination de l’artiste fait le reste. Le résultat ? Des personnages, souvent seuls, parfois accompagnés, quelques paysages. Un moment convivial se laisse surprendre par-ci par-là au milieu de ces instants chapardés au quotidien des soldats.










Scènes, 31 x 26, 58 pages, encre de Chine et brou de noix sur papier, 2017

On y retrouve d’ailleurs le fauteuil vide qui deviendra la peinture CHAISE, 123 x 173 cm, 2017.


L’actualité
La question du parallèle entre les soldats de l’armée de l’Est et les réfugiés – à la situation plus permanente – s’est posée dès le début pour Laurent Guenat mais il ne l’aborde dans son travail que dès 2017 avec El dorado. Ce livre nous plonge dans les lieux de transit qui font le quotidien des gens en fuite. Mais l'El dorado, avec ses promesses lumineuses et ses vitrines étincelantes, reste vide. Et si l’artiste nous introduit dans ces espaces dans l’espoir que nous y trouvions un refuge et de la bienveillance, au fur et à mesure que les pages se tournent, c’est plutôt la peur de se faire découvrir et renvoyer qui préside pour le lecteur.


Dans No Home, ces mêmes espaces se font plus menaçant, s’emplissent de barrières et de signes en interdisant le passage, la notion de contrôle y est très présente. Nous connaissons pourtant ces tourniquets typiques des aéroports, mais sans passeport, c’est la porte fermée. On remarque la présence de l’anglais, la langue utilisée lorsque l’on veut augmenter ses chances de se faire comprendre rapidement. Le désespoir monte alors que les grandes majuscules indiquant tout d’abord « NO WAY se transforment en « NO WAY BACK ».


Pour clore la deuxième partie de ce projet Bourbaki sur la situation mondiale actuelle, Laurent Guenat a réalisé récemment Honte, Schante, Shame où le plurilinguisme du titre rappelle que c’est un sentiment que nous partageons tous à la vue de cette situation stagnante.



Le propos des livres de Laurent Guenat est si frappant et nous entrons si facilement dans leur univers qu’on en oublierait la technique qui leur a fait voir le jour. Si, parfois, le dessin se veut très descriptif, la force de Laurent Guenat réside ailleurs, dans la force d’évocation de son trait, dicté par un ressenti intellectualisé.

Jessica Mondego

Pour trouver plus d'informations relatives à l'épisode historique des "Bourbakis": Association Bourbaki Les Verrières

dimanche 9 juillet 2017

Nouvelle collaboration

Certains de mes travaux sont désormais en vente sur la galerie en ligne swissartshop.ch.
Cette galerie est plus qu’une simple boutique en ligne. En effet, swissartshop.ch qui a été lancée cette année présente des œuvres d’artistes suisses et régionaux, dont elle fait la promotion via les réseaux sociaux et les contacts directs.

Les peintures présentées peuvent être vues à l’atelier où je vous reçois volontiers.
N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter et à prendre contact avec moi pour fixer un rendez-vous.