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vendredi 31 juillet 2020

Portrait


Est-ce toujours, d’ailleurs, tellement avec les yeux qu’on contemple la lune et les fleurs? La simple pensée du printemps, sans même qu’on sorte de chez soi, la pensée d’une nuit de lune, fût-on étendu sur sa couche, sont sources de calme et de charme.
Urabe Kenkô, Les heures oisives, Gallimard-Unesco, 1968, p. 117


Aujourd’hui, ce n’est pas l’environnement qu’il faut défendre, au risque d’en faire un musée immobile. C’est l’homme qu’il faut explorer en tant que vivant parmi d’autres vivants comme l’arbre, le moustique, le lion, la tique, le pissenlit et l’ortie. Lévi-Strauss préconisait de renoncer à dresser une barrière entre l’homme et l’animal. Cette délimitation risque en effet de hiérarchiser les rapports d'être à être. On sait comme cette hiérarchisation a mené à la barbarie de la shoah où des humains ont été dégradés au rang d’animaux. On constate aussi, aujourd’hui, les limites de la pensée anthropocentrée face à la complexité des questions environnementales par exemple. Et pour comprendre la relation de vivant à vivant, j’explore par la peinture le lien qui relie l’humain à l’humain, et tout d’abord à l’autre et aux autres que je suis, par la figure du portrait. C’est la condition pour ne pas se payer de mots, mais pour passer à l’action. J’ai très vite observé en effet que les liens qui existent entre soi et soi ne peuvent être réglés d’un revers de manche. Pas plus qu’en allumant la télévision ou en consommant. Préciser ces interactions requiert un minutieux et patient travail. Ne serait-ce déjà en abordant la question que j’emprunte au philosophe japonais Washida Kiyokazu : Ce corps est-il moi ou est-il à moi ? 

Un premier constat s’impose : ce travail n’est jamais achevé, il faut le remettre en chantier chaque jour, le tenir en activité comme des braises précieuses. Il s’adresse d’abord et impérativement à soi. Au-delà, toute interaction avec un « autre vivant » requiert la reprise de ce travail de questionnement. Rien ne laisse supposer que les interactions avec d’autres entités vivantes seraient moins complexes.
Cette approche, telle que je la pratique en peinture, révèle la complexité des rapports qui régissent les interactions entre soi et soi. Le visage comme entité peut exprimer la présence au monde autant que l’interaction avec autrui qui commence elle aussi toujours d’abord par soi, puisque toute perception est renvoyée aux expériences passées du sujet, pour y trouver du sens. Les expériences sédimentées au fil du temps lui servent de référence pour mesurer ce qui est perçu, entendu, senti, touché. Ainsi, le portrait pris dans son sens le plus large est l’expression du contact établi avec le monde vivant et non vivant.
Figurer le visage, et à travers lui et face à lui, l’être à soi, et l’être au monde. Le regard lui-même, n’en n’est qu’une partie, et il n’est pas plus essentiel que la voix, l’ouïe, l’odorat ou le mouvement. La direction du regard, le port de la tête, l’arrière-fond de la peinture participent du sentiment général dégagé par l’image peinte. La peinture ou le dessin d’une plante, d’un champignon, d’un arbre peuvent donc également être considérés comme des portraits, voire comme des autoportraits. En effet, s’il est portrait de lui-même, il est aussi autoportrait, c’est-à-dire miroir de moi-même, qui me renvoie à mon enracinement, à questionner mes branches, mon volume, mes sédiments, mes images.

Ce que je cherche à faire à travers le portrait - l’intuition m’en est venue à la lecture de Derrida -, c’est de rassembler les éléments singuliers mis à jour après les avoir fait apparaître. Le lieu de ce rassemblement est la toile peinte. Ce sont les peintures résultant de cette démarche qui feront l'objet de la prochaine exposition à la galerieArtémis à Corcelles au mois d'octobre.

vendredi 19 juillet 2019

« 17 x Neuchâtel »  |  Stadtmuseum Aarau

Exposition collective avec visarte Neuchâtel | 19 juillet - 11 août | ma - ve 11 - 18 h, je 11 - 20 h, sa-di 11-17 h

Foyer du Stadtmuseum Aarau

La table aux objets: chaque artiste a déposé un objet en référence au travail qu'il a exposé

De droite à gauche: Catherine Aeschlimann, Laurent Guenat, Alina Mnatsakanian

vendredi 14 juin 2019

Expositions futures  |  zukünftige Ausstellungen


Aarau - Stadtmuseum avec Visarte NE
 19 juillet - 11 août
«17 x Neuchâtel»
Welche Personen, Themen oder Orte sind typisch für unsere Partnerstadt Neuchâtel? In Auseinandersetzung mit dieser Frage entwickeln Künstlerinnen und Künstler von Visarte Neuchâtel Arbeiten und bespielen damit das Foyer des Stadtmuseums.



herbarium jurasiensis
Autrefois renommés pour leur biodiversité, les pâturages jurassiens s’appauvrissent. Les insectes et la flore souffrent de la pâture intensive des bovidés et des engrais apportés sur ces terrains calcaires pauvres en humus. Ces pratiques agricoles sont induites par l’obsession du revenu. Or, penser le gain n’est pas penser. Cette attitude réductrice à court terme exclut la question de la vie et de la survie des pâturages, et donc de la nôtre. Il est aujourd’hui urgent de penser nos propres impacts. Pour sensibiliser à cette question, je crée un herbier des grandes plantes que je récolte en hiver. Je m'interdis en effet de collecter des plantes vivantes en pleine floraison pour les besoins de l’art. Leur structure est suffisamment reconnaissable, même si leur détermination précise est rendue difficile par l’absence des éléments floraux caractéristiques. L’installation herbarium jurasiensis fait figure de lanceur d’alerte en faveur de la biodiversité de la flore et de la faune des pâturages jurassiens.

Einst für ihre Artenvielfalt bekannt, werden die Jura-Weiden immer ärmer. Insekten und Flora leiden unter der intensiven Beweidung von Rindern und den Düngemitteln auf diesen kalkhaltigen und humusarmen Böden. Diese landwirtschaftlichen Praktiken werden durch Gewinnsteigerung  hervorgerufen. Wer nur an Gewinn denkt, denkt nicht. Dieses reduktionistische Verhalten ist kurzfristig und schließt die Frage nach dem Leben und Überleben von Weiden und damit unseres eigenen aus. Um das Bewusstsein für dieses Thema zu schärfen, schaffe ich ein Herbarium großer Pflanzen, die ich im Winter ernte. Ich will nicht lebende Pflanzen in voller Blüte für die Zwecke der Kunst sammeln. Ihre Struktur ist hinreichend erkennbar, auch wenn ihre genaue Bestimmung durch das Fehlen charakteristischer floraler Elemente erschwert wird. Die Herbarium-Jurasiensis Pflanze ist ein Fingerzeig auf den Verlust der Artenvielfalt in Flora und Fauna der Jura-Weiden.



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La 5e édition de Tirage limité - le salon romand du livre d'artiste - se tiendra les
7 et 8 septembre 2019 au Musée Forel à Morges.

Dans ce cadre, je participerai au salon UNICA réservé aux livres d'artiste uniques et serai présent le
samedi 7 septembre de 14 h30 à 18 h.

Pour plus d'informations : www.tirage-limité.ch