Affichage des articles dont le libellé est portrait. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est portrait. Afficher tous les articles

mercredi 28 octobre 2020

 Mise à jour du site et nouveau livre d'artiste

Une partie des peintures du projet "portraits" exposées récemment par la galerie Artemis sont désormais visibles sur le site.

Un nouveau livre d'artiste vient d'être achevé. On y accède par ce lien.

Titre        e-meute
Format    55 x 40 cm, 21 pages
Technique mixte sur carton
 
Les visites à l'atelier sont toujours possibles sur rendez-vous.
Pour me contacter, c'est ici.

dimanche 27 septembre 2020

Exposition | Galerie Artemis

portraits 

du 3 au 24 octobre 2020 | galerie Artemis à Corcelles (NE).

A l'occasion de cette exposition, Marcel Cottier publie le texte Laurent Guenat. Dans l'épaisseur du portrait. Il est édité par -36° édition dans la collection 8pA6 dont c'est le numéro 98. Le texte pourra être acheté sur place pendant la durée de l'exposition ou commandé à -36° édition.

Marcel Cottier introduira aussi l'exposition lors du vernissage le samedi 3 octobre. 





vendredi 11 septembre 2020

 
Peinture sur papier 63 x 51 cmFusain et mine de plomb sur papier 50 x 40 cm 
 
Exposition | Ausstellung

Dès le 3 octobre, j'exposerai une série de travaux issus de mon projet portrait. Débuté en 2016, en parallèle au projet Bourbaki, le projet portrait comprend des travaux sur toile et sur papier. C'est la première fois que je montre ces travaux. Je me réjouis de vous y accueillir.

3 octobre au 24 octobre 2020
galerie Artémis | Corcelles (NE)
Vernissage Samedi 3 octobre 16 h - 18 h

Ab dem 3. Oktober werde ich Arbeiten des Projektes portrait zeigen. Ausgestellt werden Arbeiten auf Leinwand und auf Papier. Dies ist das erste Mal, dass ich diese Werke zeige. Ich freue mich Sie bei dieser Gelegenheit zu begrüssen.


vendredi 31 juillet 2020

Portrait


Est-ce toujours, d’ailleurs, tellement avec les yeux qu’on contemple la lune et les fleurs? La simple pensée du printemps, sans même qu’on sorte de chez soi, la pensée d’une nuit de lune, fût-on étendu sur sa couche, sont sources de calme et de charme.
Urabe Kenkô, Les heures oisives, Gallimard-Unesco, 1968, p. 117


Aujourd’hui, ce n’est pas l’environnement qu’il faut défendre, au risque d’en faire un musée immobile. C’est l’homme qu’il faut explorer en tant que vivant parmi d’autres vivants comme l’arbre, le moustique, le lion, la tique, le pissenlit et l’ortie. Lévi-Strauss préconisait de renoncer à dresser une barrière entre l’homme et l’animal. Cette délimitation risque en effet de hiérarchiser les rapports d'être à être. On sait comme cette hiérarchisation a mené à la barbarie de la shoah où des humains ont été dégradés au rang d’animaux. On constate aussi, aujourd’hui, les limites de la pensée anthropocentrée face à la complexité des questions environnementales par exemple. Et pour comprendre la relation de vivant à vivant, j’explore par la peinture le lien qui relie l’humain à l’humain, et tout d’abord à l’autre et aux autres que je suis, par la figure du portrait. C’est la condition pour ne pas se payer de mots, mais pour passer à l’action. J’ai très vite observé en effet que les liens qui existent entre soi et soi ne peuvent être réglés d’un revers de manche. Pas plus qu’en allumant la télévision ou en consommant. Préciser ces interactions requiert un minutieux et patient travail. Ne serait-ce déjà en abordant la question que j’emprunte au philosophe japonais Washida Kiyokazu : Ce corps est-il moi ou est-il à moi ? 

Un premier constat s’impose : ce travail n’est jamais achevé, il faut le remettre en chantier chaque jour, le tenir en activité comme des braises précieuses. Il s’adresse d’abord et impérativement à soi. Au-delà, toute interaction avec un « autre vivant » requiert la reprise de ce travail de questionnement. Rien ne laisse supposer que les interactions avec d’autres entités vivantes seraient moins complexes.
Cette approche, telle que je la pratique en peinture, révèle la complexité des rapports qui régissent les interactions entre soi et soi. Le visage comme entité peut exprimer la présence au monde autant que l’interaction avec autrui qui commence elle aussi toujours d’abord par soi, puisque toute perception est renvoyée aux expériences passées du sujet, pour y trouver du sens. Les expériences sédimentées au fil du temps lui servent de référence pour mesurer ce qui est perçu, entendu, senti, touché. Ainsi, le portrait pris dans son sens le plus large est l’expression du contact établi avec le monde vivant et non vivant.
Figurer le visage, et à travers lui et face à lui, l’être à soi, et l’être au monde. Le regard lui-même, n’en n’est qu’une partie, et il n’est pas plus essentiel que la voix, l’ouïe, l’odorat ou le mouvement. La direction du regard, le port de la tête, l’arrière-fond de la peinture participent du sentiment général dégagé par l’image peinte. La peinture ou le dessin d’une plante, d’un champignon, d’un arbre peuvent donc également être considérés comme des portraits, voire comme des autoportraits. En effet, s’il est portrait de lui-même, il est aussi autoportrait, c’est-à-dire miroir de moi-même, qui me renvoie à mon enracinement, à questionner mes branches, mon volume, mes sédiments, mes images.

Ce que je cherche à faire à travers le portrait - l’intuition m’en est venue à la lecture de Derrida -, c’est de rassembler les éléments singuliers mis à jour après les avoir fait apparaître. Le lieu de ce rassemblement est la toile peinte. Ce sont les peintures résultant de cette démarche qui feront l'objet de la prochaine exposition à la galerieArtémis à Corcelles au mois d'octobre.