jeudi 20 mai 2021

Exposition : AU PAYS DES BOURBAKI

Ouverture au château de Joux le mardi 1er juin 2021
 
CAPITAL III
Capital III, 175 x 185 cm

En février 1871, 80'000 soldats de l'armée Bourbaki, poursuivis par l'armée prussienne, trouvaient refuge en Suisse où ils furent internés en deux jours. Ce fait historique sans précédent fut la matière première d'un projet artistique mené durant cinq ans.
En reliant l'épisode historique à la réalité des réfugiés d'aujourd'hui, j'ai cherché à jeter un regard sur les notions d'exil et d'accueil, mais aussi sur celles de frontière, de pays, de nation et de peuple.
En collaboration avec le Musée d'Art et d'Histoire de Pontarlier, ce travail sera présenté par une exposition au château de Joux (F) et par la publication d'un catalogue.




château de Joux, Salle 2
Au château de Joux, 53 oeuvres sont présentées dans deux vastes salles. Les visiteurs découvriront des peintures sur toile, des dessins et des peintures sur papier, ainsi que des livres d'artiste et deux lithographies.
Une exposition historique consacrée au même événement est présentée au Musée de Pontarlier, à quelques kilomètres du château de Joux.

Le catalogue de ces deux expositions est déjà disponible. Vous trouverez ici des compléments d'information sur le catalogue.

Horaires et directives anti-covid: Château de Joux
Accès au château de Joux:

 

dimanche 16 mai 2021

"Délires" - Maison de l'absinthe, Môtiers

En collaboration avec Visarte Neuchâtel, la Maison de l'Absinthe accueille les créations de dix-neuf artistes neuchâtelois-es. Les artistes invités ont conçu des sculptures, des tableaux, des vidéos, etc., sur le thème de l'absinthe et de son histoire.

Vie et mort de St. Délire, 120 x 110 cm, huile sur toile, barres de fer, 2020


jeudi 14 janvier 2021

Nouveaux livres d'artiste

Le site vient d’être mis à jour avec de nouveaux livres d’artiste :

 

• e-meute

( livre unique, 21 pages, 55 x 40 cm, t.m. sur carton, 2020 )


• いくつかの日本の詳細   Quelques petites choses du Japon
( livre unique, 22 pages, 21 x 29,7 cm, t.m. sur papier SHIRAKABA 100 g/m2, 2020 )

Ce livre a été réalisé en partie en Japon. Il est constitué de feuilles non reliées, reflétant la tradition sociale des choses petites, découpées, et leur écho dans la nature.

 

• ANI MAL
( livre unique, 20 pages, 67 x 55 cm, t.m. sur carton, 2020 )

Ce livre m’a été inspiré par la lecture du récit de l’anthropologue Nastassja Martin Croire aux fauves.


• 日本人

( livre unique, 22 pages, 36,5 x 26,5 cm, t.m. sur carton, 2021 )

Au retour du Japon, ce livre m’a été inspiré par celui d’Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance où il raconte la conscience japonaise à partir de la langue française qu’il a faite sienne. J’ai trouvé là de nombreuses pistes pour réfléchir aux sentiments qui m’ont habités dans l’archipel au contact des Japonais.

 

Avec Patricia, nous avons achevé le

• Carnet no 5 日本 Japon

13 x 9 cm, 25 exemplaires + 5 HC

Ce carnet est particulier. Il ne s’agit pas d’un tirage, car chaque page est unique. On y trouve des dessins et des aquarelles, ainsi que des collages réalisés à partir de prospectus, revues, journaux et publicités d’exposition moissonnés au Japon. La couverture est un monotype. Ce carnet offre des instantanés de la culture et de la société japonaises qui ont marqués Patricia et Laurent lors de leur récent voyage dans l’archipel.

Une courte vidéo de présentation est visible sur le site de Patricia.


lundi 14 décembre 2020

LES IMAGES

Dialogue, dans une galerie d'art, entre Tirésias le devin aveugle et un publicitaire

 

TIRÉSIAS             Raconte-moi cette toile, elle m'attire.

PUBLICITAIRE    Pour ce que tu en vois. Il n'y a là rien de nouveau. Regarde plutôt celle-là où dominent les jaunes avec des coulures rouille.

TIRÉSIAS             Il n'y a là rien qui m'émeut. Tu décris des facilités.

PUBLICITAIRE    Tu as la peau tannée par les années. Te voilà désabusé. Tu as vu trop d'images au cours de ta vie.

TIRÉSIAS             Les images qui m'importent se sont inscrites en moi. Penses-tu que les images que tu produis laissent des traces chez ceux qui les regardent ?

PUBLICITAIRE    Mes images sont efficaces. Elles servent le temps que je leur imparti. Puis viennent de nouvelles images, plus efficaces encore, chacune avec un temps d'action limité, bien précis.

TIRÉSIAS             Tu sembles si sûr de toi. Si je comprends bien, les traces que laissent tes images sont fugitives, aussitôt remplacées par d'autres. Elles sont donc au service d'une cause.

PUBLICITAIRE    Elles servent d'appât, en effet.

TIRÉSIAS             Nous n'employons pas les mêmes mots. Nouveau serait que la neige ne fonde plus. Cela remettrait en question les lois de la physique fondées sur l'observation et l'expérimentation.

PUBLICITAIRE    En art aussi les lois sont naturelles.

TIRÉSIAS             Sont-elles fondées sur l'observation ? Que je sache, le nombre d'or est une pure construction.

PUBLICITAIRE    Les Grecs ont érigé des statues à l'image de l'homme. C'est là du mimétisme. Le muscle préside à toutes leurs représentations.

TIRÉSIAS             Quel était le rôle de l'image en ce temps-là ?

PUBLICITAIRE    Une certaine forme de dévotion ne devait pas lui être étrangère.

TIRÉSIAS             Les images peintes par les hommes préhistoriques sur les parois des grottes sont des images qui sont plus que des images. Elles n'ont guère changé en plus de vingt mille ans.

PUBLICITAIRE    Qu'ont-elles de plus puisqu'elles donnent aussi à voir des figures ? L'image n'est rien d'autre qu'une autre forme de langage. On ne va pas ajouter un sens caché aux mots.

TIRÉSIAS             Penses-tu que les images que tu produis donnent à voir quelque chose de plus que ce qu'elles montrent ?

PUBLICITAIRE    C'est là le savoir-faire de mon métier et mon génie.

TIRÉSIAS             Ne donnent-elles pas plutôt à regarder qu'à voir ?

PUBLICITAIRE    Ce qu'elles donnent à voir, c'est moi qui en décide.

TIRÉSIAS             En créant une image, l'artiste se dévoile. Toi tu t'y camoufles.

PUBLICITAIRE    C'est précisément ce que je reproche à la peinture que tu dis apprécier. Elle ne dévoile que l'homme qui est derrière le pinceau. Il n'y a là rien de nouveau.

TIRÉSIAS             Chaque jour tu produis de nouvelles images. Le peuple en demande-t-il autant ?

PUBLICITAIRE    Bien entendu. Mes images s'adressent à des humains qui ont été conditionnés pour regarder et réagir à ce que leurs yeux ont perçu.

TIRÉSIAS             Te souviens-tu des images que tu as créées ?

PUBLICITAIRE    Le passé ne m’intéresse que pour ce que je peux en exploiter.

TIRÉSIAS             Chaque jour qui passe, je vois des dizaines, des centaines d'images dans ma tête. Des images du passé qui peuvent en générer d’autres sans s’effacer. Sans passé je ne peux construire le présent.

PUBLICITAIRE    Veux-tu dire par là que tu sais lire et comprendre le langage des images ?

TIRÉSIAS             J'ai appris à lire les images qui sont plus que des images. Au Moyen Âge, les pauvres gens qui ne savaient pas le latin aussi avaient ce savoir-là. Des couleurs sur les fresques des églises ils connaissaient la symbolique. Que sait aujourd'hui le peuple des images que tu produis ?

PUBLICITAIRE    Tu sembles dire que nous avons perdu quelque chose. Les gens à qui s'adressent mes images ne doivent rien savoir de l'image. Ce que l'image leur ordonne, c'est de réagir comme je le veux.

TIRÉSIAS             Tu es donc le seul à parler ce langage dont tu détiens les règles secrètes. Tu as raison, nous n'avons rien perdu. Mais nous n'avons rien construit non plus. L'image qui m'émeut au-delà d'elle-même, je sais la lire même si je ne la regarde pas, parce que j'ai soigné le rapport que j'ai avec moi-même. Toi, tu fais vivre les gens en-dehors d'eux-mêmes, et ils ne le savent pas car ils sont aveuglés par tes images. Ils ne savent plus voir. Ils ne font que regarder sans se souvenir car ils ne le peuvent.

Tirésias par Füssli (détail)

(La forme de ce texte m'a été inspirée par les Dialoghi con Leucò de Cesare Pavese)
 

lundi 16 novembre 2020

Parution du catalogue Bourbaki

Au pays des Bourbaki Vient de paraître :
Au pays des Bourbaki, 150 ans de la retraite de l'armée de l'Est 1871

Le catalogue propose des vues croisées, historiques et artistiques, de cet épisode historique qui a touché la Suisse et en particulier le canton de Neuchâtel en 1871. Vers la fin de la guerre franco-allemande, le général Clinchant demande l'internement en Suisse de l'armée de l'Est pour éviter d'être livré aux Allemands. Près de 87'000 soldats seront ainsi internés. Ce sera le premier engagement de la Croix-Rouge nouvellement créée. En 2021, nous commémorerons les 150 ans de cet événement, notamment par une exposition historique au musée de Pontarlier, et une exposition des oeuvres de mon projet Bourbaki au château de Joux.

Les contributions au catalogue:

Laurène Mansuy-Gibey, La retraite de l'armée de l'Est : une rencontre entre trois nations
Jean-Bernard Passemard, Les forts de Joux et du Larmont dans le combat de la Cluse
Philippe Hanus, La retraite des Bourbaki : une mémoire franco-suisse en partage?
Géraldine Veyrat, Laurent Guenat : au pays des Bourbaki
Jessica Mondego, La bibliothèque de carton de Laurent Guenat
Alexandre Caldara, vers hier
 
Outre ces textes, l'ouvrage est richement illustré, et présente les oeuvres (peintures sur toile et sur papier, livres d'artiste) qui feront l'objet de l'exposition qui se déroulera au Château de Joux. En raison de l'épidémie, l'exposition qui était programmée en été 2020 a été reportée en été 2021. 
L'ouvrage peut être commandé dans toutes les bonnes librairies.
 
19,0 x 26,5 cm, 104 pages, Editions Mare et Martin, Paris, 2020  |  ISBN 978-2-36222-029-6

 


mercredi 28 octobre 2020

 Mise à jour du site et nouveau livre d'artiste

Une partie des peintures du projet "portraits" exposées récemment par la galerie Artemis sont désormais visibles sur le site.

Un nouveau livre d'artiste vient d'être achevé. On y accède par ce lien.

Titre        e-meute
Format    55 x 40 cm, 21 pages
Technique mixte sur carton
 
Les visites à l'atelier sont toujours possibles sur rendez-vous.
Pour me contacter, c'est ici.